Le Narratif Israélien/ Ha Sipour Israeli

Document visant à renouveler l’unité israélienne pour le 4ème quart de siècle de l’État d’Israël

Dans l’esprit de la déclaration d’indépendance et de l’héritage culturel juif, dans l’esprit de la transmission trans générationnelle – depuis nos patriarches et matriarches -, de l’engagement envers les générations futures, et du retour sur sa terre du peuple vivant à Sion avec l’aide du Maître du monde, nous citoyens/citoyennes de l’État et membres du Q4, souhaitons raconter « l’histoire d’Israël » ( הסיפור הישראלי) comme une histoire pleine de tension et d’émotion, et surtout une histoire exemplaire tendant vers un objectif central : l’aspiration sans faille à la survie et à la prospérité de l’État d’Israël.

Contexte général

Israël est entré cette année dans le 4ème quart de son existence, et a aujourd’hui 76 ans. Les réalisations de l’État au cours de cette période sont énormes et nous pouvons tous en être fiers, car nous avons atteint ces objectifs ensemble.

Par ailleurs, nous sommes témoins de signaux inquiétants quant à la poursuite de notre chemin : la société israélienne souffre en effet depuis quelques années d’une perte de cohésion et d’un manque criant d’objectifs communs.

Nous, membres du Q4, souhaitons renforcer les fondements de notre coexistence sur cette terre, afin que pour la première fois dans l’histoire, un État juif puisse célébrer ses 100 ans d’indépendance avec un regard résolument tourné vers l’avenir.

Nous proposons dans ce document quelques principes fondamentaux pour renouveler «l’unité israélienne », qui devra être partagée par la grande majorité de la société afin de façonner ensemble ce fameux Q4.

Cette unité n’est pas un traité, et ce n’est certainement pas non plus ni un accord ni un arrangement. Son rôle n’est pas d’apporter des solutions pratiques à des questions controversées, mais plutôt de définir les valeurs communes et les principes fondateurs de la société, qui eux seuls nous permettront de résoudre nos problèmes. Elle est basée sur la fraternité et la solidarité, qui doivent être les piliers de notre vie commune.

Suite aux terribles attaques de Simhat Torah le 7 octobre 2023, nous sommes encore dans l’ombre de cet événement traumatisant qui a complètement ébranlé notre monde.

L’attaque simultanée de dizaines de kibboutzim, de villages, de villes et de bases militaires, nous a obligés à regarder en pleine face la terrible puissance du mal de ceux qui cherchent à nous exterminer.

Les terroristes et leurs sbires ont violenté tous ceux qu’ils ont croisés, sans faire de distinction entre hommes et femmes, religieux et laïcs, juifs, arabes et autres communautés.

La guerre qui a suivi cette attaque a certes entraîné une grande douleur, mais elle a également montré à quel point l’esprit israélien est vivant, et que rien ne peut s’opposer à lui lorsque nous sommes unis et travaillons ensemble dans un esprit de partenariat et de confiance.

Ces événements prouvent hélas le fait que l’État d’Israël ne peut pas se permettre de rester tel qu’il est actuellement.

Nous devons accroître nos investissements dans la sécurité nationale face aux menaces extérieures, mais également guérir la société de sa profonde polarisation, qui est un gros point faible faisant croire à nos ennemis que nous sommes faibles et vulnérables.

Nous devons absolument apprendre à nous unir et à coopérer même lorsque nous n’avons pas le couteau sous la gorge. Cette volonté a d’ailleurs été exprimée par de nombreuses victimes de cette guerre, ainsi que par les familles endeuillées.

Nous étions trop agressifs entre nous, et trop « mous » dans la préparation contre nos ennemis. Il est temps de se comporter différemment, et de manifester plus de souplesse et d’empathie entres nous israéliens, et beaucoup plus d’agressivité face à nos ennemis extérieurs. Nous n’attendons d’aucun groupe social qu’il abandonne son identité et ses valeurs, mais nous voulons renforcer la cohésion sociale et le dénominateur commun entre nous, malgré la grande diversité de la société israélienne.

 

Quelques mots sur les points que nous souhaitons aborder dans ce document

L’État d’Israël a été créé en tant qu’État juif, pour servir de foyer national au peuple juif dans sa patrie historique.

C’est un pays dont les valeurs démocratiques sont l’essence même, depuis ses débuts et jusqu’à nos jours.

Ce pays est la concrétisation d’une conception nationaliste et d’une politique activiste que lui a transmises le mouvement sioniste.

Il y a dans l’État diverses minorités, au premier rang desquelles les citoyens arabes, et le défi de leur pleine intégration dans le pays reste encore et toujours à résoudre.

Tous les citoyens ont une responsabilité partagée dans notre vie commune au sein de l’État d’Israël, et à la lumière de ce que nous avons vécu ces derniers temps, nous sommes convaincus que l’ordre du jour est d’exploiter la puissance fantastique de nos choix de vie.

À la lumière de ces principes, nous cherchons à provoquer un changement profond dans la société israélienne.

La faire passer d’une société « d’asservissement » dans laquelle différents groupes cherchent à soumettre les autres, à une société « d’hospitalité » dans laquelle nous sommes tous à la fois des invités et des hôtes, qui veulent être partie prenante et collaborer, et en même temps veiller à ce que les autres puissent ressentir la même chose.

Nous voulons remplacer une atmosphère tribale et morcelée par une atmosphère d’humilité, d’écoute et de fraternité entre les différents groupes et leurs représentants.

Nous voulons remplacer une société où de nombreuses fractions ressentent que leurs croyances fondamentales et leurs modes de vie sont menacés, en une société où chacun peut se sentir en sécurité quelles que soient son identité et son appartenance, et peut ainsi contribuer à la société dans son ensemble en lui faisant découvrir son monde singulier.

 

Israël en tant qu’État juif

L’arbre généalogique du peuple juif remonte à des milliers d’années, et l’État d’Israël est un maillon important de cette chaîne. Notre peuple ancien a une histoire et un sort communs, mais aussi un destin commun : être un état modèle, une lumière pour les nations, et participer à la réalisation de l’idéal sublime du tikoun olam (“réparer le monde”), selon la vision des prophètes d’Israël.

L’hébreu, langue ancienne ressuscitée il y a un siècle par Éliézer Ben-Yehoudah, est la langue du peuple juif et sa renaissance est un miracle qui doit être préservé.

Le calendrier juif et le cycle de la vie juive sont les expressions du fondement juif de l’État, qui doivent être présents dans la vie publique en Israël.

Le shabbat est le jour de repos officiel en Israël, et il doit être ressenti et préservé comme tel dans la sphère publique de l’État.

L’État d’Israël a une obligation envers l’ensemble du peuple juif. Cet engagement inclut le souci de renforcer les liens des juifs de Diaspora avec le peuple juif et l’État d’Israël, ainsi que les liens des citoyens israéliens avec leurs frères de Diaspora.

L’État juif a une obligation morale et juridique envers toutes les minorités qui y vivent comme des citoyens égaux, et en tant que communautés intégrées à la mosaïque israélienne. Cet engagement se fonde sur la tradition juive ainsi que sur les leçons de l’histoire juive.

« Sache d’où tu viens » : l’un des objectifs de l’éducation en Israël sera de connaître l’héritage juif de chaque communauté, selon son caractère et sa foi. Ce patrimoine comprend la « bibliothèque juive », l’histoire juive, et l’ensemble des trésors spirituels du peuple juif que sont la religion, la culture, l’art et la littérature.

L’État d’Israël doit être un centre spirituel juif de premier plan. C’est le foyer naturel du monde de la Torah et de la foi juive, qui a toujours été un pilier central dans la pérennité du peuple juif pendant ses 2000 ans d’exil. C’est le lieu où la valeur de l’étude de la Torah s’intègre naturellement avec les valeurs fondamentales de l’État, ainsi que le lieu naturel pour développer la culture juive sous toutes ses formes.

Déjà dans l’antiquité, le peuple juif comptait différentes tribus, et chacune avait un caractère unique. La diversité au sein du peuple juif est un « prérequis », puisque les différences entre les groupes de population contribuent à l’enrichissement de tous, à condition qu’en parallèle de la culture particulière de chacun, soit également valorisé un dénominateur culturel commun.

La « garantie mutuelle » (ערבות הדדית) est l’une des caractéristiques historiques spécifiques du peuple juif, et elle s’exprime tant dans la vie des communautés que dans les relations intercommunautaires. Cette qualité doit être une valeur fondamentale du fonctionnement de l’État d’Israël, à la fois comme garantie entre tous les citoyens de l’État, et comme garantie entre l’État et la diaspora juive.

 

La démocratie israélienne

Israël est une démocratie libérale, c’est-à-dire qu’elle est démocratique dans son système de gouvernement et a des valeurs semblables aux autres sociétés démocratiques, telles que l’égalité, la liberté individuelle, la liberté d’expression, le respect de la dignité humaine et les droits de l’homme. Les citoyens israéliens ont des droits fondamentaux inaliénables. La démocratie israélienne doit maintenir une séparation claire entre les pouvoirs, ainsi qu’un système d’équilibre et de “garde-fou” entre les différents pouvoirs.

La Knesset, qui est constituée à l’issue d’élections libres, est souveraine dans l’État d’Israël, et sa position doit être renforcée. En tant que corps législatif et contrôleur du pouvoir exécutif, les yeux du peuple sont constamment tournés vers elle, ses membres sont donc censés se comporter avec probité et moralité, et chacun de ses députés doit être un exemple pour les citoyens du pays.

Le gouvernement israélien – pouvoir exécutif – est constitué par la décision de la majorité, tout en préservant les droits de la minorité, et en entretenant un dialogue constant avec elle. Il doit œuvrer pour le bien de tous les citoyens, leur sécurité et leur bien-être seront donc au premier plan de toutes les préoccupations gouvernementales.

Le principe de représentativité et le principe d’indépendance se complètent. Les élus du peuple sont les représentants de leurs électeurs. En outre, quiconque occupe une fonction publique dans l’État d’Israël considérera le bien-être de tous les citoyens de l’État comme son devoir suprême.

L’épreuve démocratique suprême pour un groupe minoritaire est le respect de la décision de la majorité. L’épreuve démocratique suprême pour le groupe majoritaire consiste à garantir que la voie de la minorité soit aussi entendue et ait un impact. L’alternance du pouvoir, qui doit s’effectuer dans un bon esprit et avec un chevauchement professionnel approprié entre les détenteurs des divers postes, est le signe d’une démocratie saine et fonctionnelle.

Il ne suffit pas de promulguer des lois, il faut également veiller à leur application, et c’est pourquoi la gouvernance et l’application de la loi sont les pierres angulaires de la démocratie israélienne.

Un système judiciaire fort et indépendant est l’une des caractéristiques essentielles d’une démocratie saine. Le système judiciaire doit s’engager à faire respecter les lois de l’État tout en restant fidèle à ses valeurs fondamentales. La Cour suprême joue un rôle essentiel dans la protection des droits de l’individu et des différentes minorités. Afin qu’elle puisse remplir ce rôle essentiel, il est important que sa composition soit de qualité, professionnelle et diversifiée. Elle doit être un “foyer protecteur” pour tous les groupes composant la société israélienne.

Le pilier central d’un pays démocratique est une fonction publique professionnelle, étatique, diversifiée, et engagée à mettre en œuvre les politiques du gouvernement élu tout en respectant et faisant respecter la loi et le bon comportement du public.

Des mesures urgentes doivent être prises pour accroître la compréhension et la confiance mutuelles entre les différents groupes constituant la population israélienne. Tous les enfants d’Israël doivent apprendre la tolérance vis à vis de leur prochain.

Des mesures doivent également être prises dans tous les groupes de populations afin d’accroître le degré de participation de chacun au processus démocratique, et approfondir chez tous la conscience de l’importance de la démocratie dans l’État d’Israël. Il convient pour cela de recourir aux innovations technologiques afin d’accroître le degré de participation du public aux processus décisionnels le concernant.

Le renforcement de la régionalisation (et du secteur de proximité) peut contribuer à renforcer les fondements démocratiques du pays, en permettant aux citoyens de mieux contrôler leur vie et de s’impliquer davantage dans les prises de décision. Les communautés locales doivent être autorisées à s’exprimer librement, et s’efforcer de gérer les conflits lorsque les citoyens s’expriment comme faisant partie d’un tout.

 

Le sionisme en Israël

L’État d’Israël est la concrétisation de l’idée sioniste, et est le foyer national du peuple juif.

En plus d’être une nécessité de survie, le processus de retour du peuple juif dans le pays de ses ancêtres est l’accomplissement d’une prière vieille de 2000 ans pour le rassemblement des exilés. Le sionisme est basé sur une vision du monde qui met constamment l’accent sur la préparation de l’avenir.

Les valeurs fondamentales dérivées de la nature sioniste d’Israël sont notamment l’encouragement et l’intégration de l’alyah, l’amour du pays, le travail de la terre, la contribution au développement du pays, et la préservation de l’environnement et de la nature pour les générations futures.

L’État d’Israël doit favoriser l’éducation sioniste, tant en Israël que dans les communautés juives en diaspora. La sévère attaque que nous avons subie à Simhat Torah a montré la nécessité de consolider et de renforcer toutes les zones rurales en Israël, notamment via le renforcement du secteur agricole qui occupe une place importante dans notre tradition sioniste. L’agriculture en Israël est importante non seulement pour assurer une production alimentaire indépendante, mais également comme moyen d’exprimer le lien vivant entre le peuple et son pays.

Le mouvement sioniste aspirait à établir un état éthique et prospère. L’État d’Israël doit s’efforcer d’être un pionnier courageux, un phare moral pour le monde entier, et de faire toujours la distinction entre la lumière et l’obscurité, entre le bien et le mal. Il doit se donner pour objectif essentiel d’être un pays de bienveillance, de cohésion et de solidarité. Il doit s’efforcer d’être toujours un leader mondial tant dans le domaine de l’éthique que dans tout ce qui concerne la science, la technologie, l’éducation et la qualité de vie, afin d’occuper une place prépondérante dans le concert des nations.

Le sionisme est un mouvement historique tourné vers l’avenir, et doit donc être un outil pour relever les défis qui se dressent aujourd’hui devant l’État d’Israël.

Cultiver l’excellence, assurer l’égalité des chances et l’équité, mettre en place une société florissante : tout cela fait partie des réalisations du sionisme à notre époque. Réduire les écarts entre le centre et la périphérie, tant géographiquement que socialement, est également un défi sioniste. De même que l’amélioration des transports, de la sécurité personnelle, de la santé, du logement et de la qualité de vie dans l’ensemble du pays, afin qu’Israël continue d’être attractif pour ses citoyens et ses immigrants potentiel.

Il est naturel, dans un pays aussi diversifié qu’Israël, que l’intensité de l’identification au sionisme diffère selon les groupes de citoyens. Cependant, tous les citoyens doivent traiter avec respect les symboles de l’État, ses institutions, ses représentants et ses lois.

L’État d’Israël aspire à la paix avec tous ses voisins, et cherche depuis toujours à mettre fin au conflit israélo-arabe. La recherche de la paix n’est pas conditionnée dans tel ou tel projet politique, ou dans la possibilité de parvenir à des accords de paix à un moment donné. C’est une profession de foi qui fait partie intégrante de l’identité israélienne et juive, dans l’esprit de la vision des prophètes d’Israël comme le souligne la Mishnah : « Le Saint Béni Soit-il n’a pas trouvé de vase contenant une bénédiction pour Israël, mais la paix ».

 

Un traitement égalitaire décent et équitable envers tous les citoyens arabes d’Israël – et les autres minorités – est une expression claire des valeurs du sionisme, comme le pensaient ses pères fondateurs, et comme il ressort de la tradition juive et de la déclaration d’indépendance.

 

La société arabe en Israël

Les citoyens arabes israéliens constituent une partie importante et significative de la population de l’État d’Israël. Ce sont des citoyens de valeur, et également une communauté dotée de caractéristiques collectives propres telles que l’histoire, la culture, la langue et la religion.

Ces caractéristiques doivent se refléter dans les établissements d’enseignement, les institutions locales et la société civile, sans toutefois négliger l’obligation d’adhésion à l’ensemble des valeurs de l’État d’Israël.

Veiller à l’intégration des Arabes dans le tissu social israélien, tant en terme de sécurité personnelle, de bien-être et de sentiment d’appartenance, fait partie de la tâche de notre génération, et la responsabilité en incombe à la majorité juive en partenariat avec la société arabe.

Il est important que tous les citoyens d’Israël connaissent l’histoire de la société arabe, sa richesse culturelle, ses caractéristiques et ses douleurs. Des mesures doivent être prises pour introduire largement la langue arabe et la connaissance de la société arabe dans les écoles juives, et ce dès le plus jeune âge. De la même façon, l’hébreu et la connaissance de la société juive doivent être enseignés dans les écoles du secteur arabe.

La concrétisation et la préservation des droits fondamentaux des membres de la société arabe, tels que le droit à la sécurité personnelle et à une existence digne, ainsi que la mise en place de solutions innovantes dans les domaines de la santé, des transports, de l’emploi et du logement, ne sont pas seulement une question interne de la société arabe, mais relèvent de la responsabilité morale et effective de la société israélienne dans son ensemble.

Parallèlement à la pleine égalité des droits, y compris la participation aux institutions gouvernementales, il faut tendre à la pleine participation des Arabes israéliens pour remplir leurs obligations et contribuer à l’État. Il faut donc établir un cadre approprié qui permettra la réalisation de cet objectif essentiel, dans un esprit correspondant à la culture et aux valeurs du public arabe.

Les citoyens arabes ont une affinité historique et ethnique avec la nation arabe dans son ensemble, et peuvent donc jouer un rôle clé dans la création d’un pont pour la paix et le respect mutuel entre Israël et ses voisins.

 

Une responsabilité partagée

Nous avons tous une responsabilité partagée quant à l’existence et à la prospérité du pays. Même celui qui ne se sent de responsabilité qu’envers son public d’appartenance, doit savoir que si d’autres publics ne se sentent pas bien dans le pays, alors son groupe ne pourra pas non plus s’y sentir bien. Chacun d’entre nous doit considérer les membres de tous les groupes et publics, y compris ceux qui sont éloignés de notre monde conceptuel et pratique, comme des partenaires dans cette responsabilité, et œuvrer ensemble pour vivre dans le respect et la confiance réciproques.

Du fait de cette responsabilité collective, il résulte qu’aucune frange de la société israélienne n’est simplement « invitée » ou « hôte », mais qu’Israël est la maison commune pour tous.

Chaque citoyen israélien a la responsabilité de l’existence et de la promotion de la société israélienne dans tous ses fondements. Cette responsabilité partagée peut s’exprimer dans quatre cercles : personnel, communautaire, régional et national.

Connaître les différentes communautés de la société israélienne, leurs croyances, leurs valeurs et leurs cultures, doit être la base pour approfondir la notion de responsabilité partagée quant à la vie dans l’État d’Israël. Il faut accroître la dualité entre droits et devoirs à tous les niveaux, en premier lieu au niveau de la conscience et de l’éducation.

Maintenir la sécurité d’Israël est un droit avant même d’être un devoir. Un premier pas vers une pleine égalité dans la répartition du « fardeau » sécuritaire et civil pourrait être de partager ce fardeau, comme le disent les sages d’Israël, en louant « celui qui le porte avec son prochain ». En effet, à côté du recrutement dans Tsahal, il est également possible d’élargir le service sous diverses formes : organismes de secours et sauvetage, lutte contre les incendies, police, institutions sociales. Si dans le passé le débat public sur cette question était principalement axé sur l’exigence d’équité et d’égalité, à la lumière des implications sécuritaires consécutives au 7 octobre, il est clair qu’il s’agit également d’un besoin réel et concret, d’une obligation morale ( פיקוח נפש ). La participation au « fardeau » est une expression de la garantie mutuelle entre tous les citoyens du pays.

Nous devons apprécier à leur juste valeur, dans notre relation envers eux et dans les actes, ceux qui assument une part particulièrement importante du fardeau de la responsabilité partagée, tels que les réservistes et les bénévoles des organisations qui consacrent leur temps à des activités dans la sphère publique.

 

Exploiter l’énorme pouvoir du « choix de la vie »

Notre bien-aimé Israël a vécu un traumatisme collectif sous la forme d’une attaque barbare, choquante par sa brutalité et le nombre de ses victimes, et dans la guerre sanglante qui a éclaté dans son sillage. A la fin de cette guerre douloureuse, il faudra ouvrir une nouvelle ère. Nous canaliserons les formidables forces qui subliment la société israélienne, vers des voies de croissance et de prospérité, et nous nous consacrerons à la reconstruction du pays.

Cette reconstruction préservera tout le bien qui a été bâti ici au cours de 76 premières années de l’État, et s’y ajouteront de nouveaux étages de valeurs, de justice, d’innovation et de réduction des inégalités, tout en apprenant un langage nouveau et optimiste pour observer les autres avec empathie.

Nous ne craignons pas les dissensions : bien au contraire, la controverse au nom du Ciel est l’un des éléments qui ont permis l’existence et la prospérité du collectif juif tout au long des siècles. Il ne faut pas fuir les conflits mais apprendre à les gérer, en s’appuyant sur l’héritage juif et notre expérience historique.

Nous regarderons favorablement les gouvernements bénéficiant d’un large soutien à la Knesset et dans l’opinion publique, et attirant le meilleur des forces diversifiées de la société israélienne.

Les gouvernements fonctionneront avec un profond sens de la mission, et la compréhension claire qu’ils sont censés servir les citoyens du pays. Leur taille et la composition de leurs ministères seront déterminées en fonction des besoins du pays. Les ministres de ces gouvernements seront des modèles de vérité et d’honnêteté, et travailleront au plus haut niveau professionnel pour le bien de tous les citoyens du pays.

Nous croyons en notre capacité à améliorer la fonction publique en Israël et à en faire un leader de classe mondiale, jouissant d’un haut degré de confiance de la part des citoyens, et travaillant à un haut niveau de gouvernance, assurant ainsi la continuité de l’Etat.

Nous pensons que la voie que nous avons cherché à tracer dans ce document donnera un nouvel souffle à l’État d’Israël. Elle constituera ainsi une base pour renouveler le pacte citoyen entre toutes les composantes de la société israélienne.

Ce travail permet à tous les publics de sentir qu’ils font partie intégrante et qu’ils sont des partenaires bienvenus dans l’histoire israélienne. Naturellement, chacun en fonction de ses propres valeurs pourra s’identifier davantage à certains aspects de ce document et moins à d’autres.

Cependant nous attendons que ce document soit jugé dans son ensemble, dans un équilibre de différentes valeurs qui sont à la base de nos vies. Avec confiance dans « le Rocher d’Israël », nous pensons que les valeurs et aspirations incluses dans ce document pourront être utilisées comme une boussole et un horizon, et nous diriger en toute sécurité vers… le Q4.

 

ANNEXE

Processus d’écriture de ce document

Ce document est le fruit du travail de centaines d’hommes et de femmes de tous horizons, vivant en Israël.

Il n’a pas été préparé par des experts ou des personnalités publiques, mais par des gens ordinaires, des membres de notre mouvement, qui ont investi du temps, de la réflexion et des discussions dans le but de définir ensemble le canevas le plus large qui permettra à un maximum d’Israéliens de se rassembler, le « talit » sous lequel le plus possible de personnes pourront s’abriter.

Au cours de ces discussions de nombreux points de désaccord ont été identifiés, mais cela n’a rien de nouveau…

L’innovation réside dans le fait que malgré l’énorme diversité de société israélienne, il est possible de s’accorder sur des aspects fondamentaux de notre existence commune, dans un esprit de confiance mutuelle entre les différents groupes qui composent la société, et dans un esprit de bonne volonté.

Nous pensons que le chemin vers un consensus solide doit être basé sur les valeurs de partenariat, support mutuel et responsabilité partagée.

Nous vous invitons donc à lire ce document, en ayant à l’esprit que le contenu innovant ne réside pas seulement dans les détails mais surtout dans le fait que le tout s’inclut