
COMPRENDRE LES ÉLECTIONS ISRAÉLIENNES :
PARTIS, DIRIGEANTS ET ENJEUX
Pourquoi cette élection est-elle importante ?
Toutes les élections sont importantes. Cependant, beaucoup d’Israéliens considèrent que les
prochaines élections seront déterminantes non seulement pour la composition du prochain
gouvernement, mais aussi pour l’orientation du pays sur plusieurs questions fondamentales
:
LES ENJEUX
• la cohésion de la société israélienne, notamment autour de la question du service militaire
des ultra-orthodoxes
• les relations entre religion et État
• le rôle de la Cour suprême et des contre-pouvoirs démocratiques
• les leçons à tirer des défaillances ayant conduit aux massacres du 7 octobre
• la conduite de la guerre
• la stratégie de sécurité à long terme
L’objectif de ce document
• Ce document ne vise pas à dire pour qui voter, mais à présenter les principaux partis,
leurs priorités, leurs accomplissements et les critiques qui leur sont adressées.
• La présentation s’appuie principalement sur les décisions qu’un parti a soutenues ou
bloquées lorsqu’il disposait d’un pouvoir réel plutôt que sur ses promesses électorales.
• Les partis ayant exercé le pouvoir disposent généralement d’un bilan plus riche, ce qui
rend leur évaluation plus détaillée que celle des partis n’ayant que peu ou pas gouverné.
• Les positions des partis et le contexte politique pouvant évoluer avant les élections, ce
document sera actualisé selon les besoins.
Le vote israélien est souvent plus structuré par des appartenances identitaires que le vote
français.
• Les appartenances (laïque, religieux, haredi, sioniste religieux, arabe, famille ayant
historiquement voté Likoud ou travailliste, etc.) jouent un rôle important dans le vote et
peuvent parfois peser davantage que les positions des partis sur les différents sujets.
• Cette caractéristique est essentielle pour comprendre la politique israélienne. Des
événements qui provoqueraient ailleurs de profonds changements électoraux – scandales
politiques, succès économiques ou sécuritaires, voire les massacres du 7 octobre 2023 –
n’entraînent pas forcément de mouvements importants d’électeurs entre les grands blocs
politiques.
Les principaux clivages de la politique israélienne
• Les catégories « gauche » et « droite » existent en Israël mais ne suffisent pas à
comprendre le paysage politique. Pendant des décennies, le principal clivage concernait
les questions territoriales et le conflit israélo-palestinien.
• Aujourd’hui, ce clivage existe toujours, mais il ne suffit plus à expliquer les choix des
électeurs, et plusieurs débats se superposent:
Sécurité
• Faut-il privilégier une approche essentiellement militaire ou oeuvrer pour des solutions
diplomatiques ?
• Quel niveau de risque Israël peut-il accepter dans d’éventuels compromis territoriaux ?
• Quels enseignements tirer des massacres du 7 octobre 2023, des erreurs politiques,
militaires et de renseignement qui les ont rendus possibles, ainsi que de la stratégie
sécuritaire à adopter pour l’avenir ?
Religion et État
• Le système actuel d’exemptions militaires dont bénéficie la quasi-totalité des hommes
ultra-orthodoxes est-il encore compatible avec les besoins de sécurité du pays et le
principe d’égalité des obligations civiques et militaires ?
• Quel rôle la religion doit-elle jouer dans l’espace public et dans la vie quotidienne des
citoyens (transports publics durant le shabbat, mariage civil, etc…).
• L’État doit-il financer des systèmes éducatifs religieux qui n’enseignent pas les matières
fondamentales ?
Institutions démocratiques
• Quels doivent être les pouvoirs respectifs du gouvernement, du parlement et de la justice ?
• Quels mécanismes doivent permettre de contrôler l’action du gouvernement et de protéger
les droits des minorités ?
Économie et coût de la vie
• Comment réduire le coût du logement, de l’alimentation et des services ?
• Faut-il privilégier davantage de concurrence ou davantage d’intervention de l’État ?
• Comment augmenter la participation au marché du travail de populations aujourd’hui peu
intégrées à l’économie moderne ?
Comment fonctionne le vote en Israël ?
• Israël utilise un système de représentation proportionnelle intégrale. Les électeurs votent
pour une liste nationale et non pour un candidat local. Un parti doit obtenir au moins 3,25
% des voix (soit 4 sièges sur 120) pour entrer à la Knesset. Les voix accordées à une liste
qui n’atteint pas ce seuil ne sont pas représentées à la Knesset. Dans un système aussi
fragmenté, un parti qui reste sous le seuil d’éligibilité affaiblit son camp et peut changer
l’issue des élections.
• Par conséquent, Israël est presque toujours gouverné par des coalitions, car un parti
n’obtient pratiquement jamais seul la majorité. Voter pour un parti revient donc à soutenir
indirectement une coalition potentielle.
• À l’heure actuelle, deux grands blocs dominent – mais comme toujours en Israël, les
coalitions exactes dépendront des négociations qui suivront les élections.
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Bloc de la coalition actuelle
• Likoud (Benyamin Netanyahou)
• Shas (Aryeh Déri)
• Yahadout HaTorah
• HaTzionout HaDatit (Betzalel Smotrich)
• Otzma Yehudit (Itamar Ben Gvir)
Bloc alternatif
Composition encore incertaine mais comprenant principalement :
• Yachad (Bennett / Lapid)
• Yashar (Eisenkot)
• Israel Beitenou (Avigdor Liberman)
• Hademocratim (Yaïr Golan)
• Kachol Lavan (Benny Gantz)
Bloc arabe
• Ra’am (Mansour Abbas)
• Hadash-Ta’al (Yousef Jabareen et Ahmad Tibi)
• Balad (Sami Abu Shehadeh)
Résumé des positions sur les questions centrales
(en s’appuyant sur les décisions et non les déclarations)
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LIKOUD
Chef du parti : Benyamin Netanyahou
Fonction actuelle : Premier Ministre
Priorités
• Pression sur l’Iran et ses alliés.
• Opposition à la création d’un État palestinien dans les conditions actuelles.
• Gestion du conflit israélo-palestinien par la dissuasion et la sécurité plutôt que par la
recherche d’un règlement définitif.
• Maintien d’une coalition avec les partis religieux.
• Économie relativement libérale.
Atouts
• Netanyahou a joué un rôle central dans la conclusion des Accords d’Abraham, qui ont
permis la normalisation des relations entre Israël et plusieurs États arabes.
• Il a dirigé Israël durant plusieurs périodes de forte croissance économique, de baisse du
chômage et de développement du secteur technologique.
• Il a favorisé l’ouverture économique d’Israël et le renforcement de ses relations
commerciales avec de nombreux pays.
• Il a placé la question iranienne au centre de l’agenda international pendant de nombreuses
années et a contribué à la mobilisation internationale contre le programme nucléaire
iranien.
Illustration marquante
• En juin 2025, Netanyahou a autorisé l’opération contre les installations nucléaires
iraniennes et convaincu les États-Unis de s’y associer.
Principales critiques par ses opposants (de gauche comme de droite)
• Sa politique avant le 7 octobre a permis au Hamas de se renforcer, malgré de nombreux
avertissements émanant de responsables sécuritaires, militaires et politiques.
• Netanyahou n’a jamais assumé sa responsabilité pour le 7 octobre, contrairement à
plusieurs responsables militaires et sécuritaires qui ont démissionné, et s’oppose à la
création d’une commission d’enquête d’Etat.
• En refusant de définir une stratégie politique pour l’après-guerre malgré les demandes
répétées de ses alliés et de nombreux responsables sécuritaires, Netanyahou a laissé les
succès militaires de Tsahal sans traduction diplomatique claire. Israël a ainsi manqué une
occasion historique de transformer ses victoires militaires en gains diplomatiques et
stratégiques durable, laissant Israël dans une situation stratégique très dégradée sur
plusieurs fronts.
• La gestion diplomatique et médiatique de la guerre a été défaillante, contribuant à la
dégradation de l’image d’Israël à l’étranger et à la montée de l’hostilité et des actes
antisémites visant de nombreuses communautés juives de la diaspora.
• En soutenant ouvertement le Parti républicain et en s’identifiant étroitement à Donald
Trump, Netanyahou a rompu avec la tradition israélienne qui consistait à préserver des
relations étroites avec les deux grands partis américains. Ce faisant, il a contribué à la
profonde dégradation du soutien à Israël au sein du Parti démocrate.
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• Sa dépendance aux partis haredim et au sionisme religieux radical a conduit Netanyahou
à privilégier la survie de sa coalition, en maintenant les exemptions militaires des ultraorthodoxes
malgré la charge croissante pesant sur les réservistes, en préservant des
budgets sectoriels contestés et en retardant des accords susceptibles de permettre le retour
d’otages.
• Bien que la réduction du coût de la vie ait figuré au coeur de ses campagnes électorales, le
sujet a été largement délaissé par ses gouvernements et les prix ont continué à augmenter.
• Son attitude envers les familles d’otages, les habitants évacués du Nord et certaines
familles endeuillées a renforcé chez de nombreux Israéliens l’image d’un dirigeant distant
et déconnecté de la souffrance vécue par une partie de la population.
• Il a profondément contribué à la polarisation de la société israélienne en présentant
régulièrement ses opposants politiques, une partie des médias, de la justice et de
l’administration comme des adversaires illégitimes plutôt que comme des acteurs
légitimes du débat démocratique.
• Il est le premier chef de gouvernement israélien à exercer ses fonctions tout en étant jugé
dans plusieurs affaires pénales (pour corruption, fraude et abus de confiance). Son procès
a influencé une partie importante de ses choix politiques depuis 2020, notamment son
alliance avec les partis favorables à un affaiblissement du pouvoir judiciaire.
YACHAD
Chefs du parti : Naftali Bennett et Yair Lapid
Priorités
• Sécurité forte.
• Intégration des ultra-orthodoxes au service militaire et au partage des charges nationales
• Réformes économiques visant à accroître la concurrence et à réduire le coût de la vie.
• Sortie de la logique des blocs politiques figés qui domine la vie politique israélienne
depuis plusieurs années.
• Création d’une commission d’enquête d’Etat sur les erreurs ayant mené aux massacres du
7 octobre
Illustrations marquantes
• Lapid: Fort de 19 sièges, il a accepté de laisser le poste de Premier ministre à Bennett (7
sièges) dans le cadre d’un accord de rotation afin de permettre la formation du
gouvernement de 2021.
• Bennett: Malgré son ancrage dans la droite nationaliste, il a formé et dirigé une coalition
réunissant droite, centre, gauche et un parti arabe, mettant fin à douze années
consécutives de gouvernement Netanyahou.
Atouts
• Tous deux disposent d’une expérience gouvernementale importante et ont exercé les
fonctions de Premier ministre au sein du gouvernement de 2021-2022.
• Leur coalition a démontré qu’une formation réunissant droite, centre, gauche et un parti
arabe pouvait gouverner sans crise institutionnelle majeure.
• Leur gouvernement a adopté un budget après plusieurs années de blocage politique.
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• Il a lancé plusieurs réformes économiques et de dérégulation pour accroître la
concurrence et réduire certains coûts de la vie (réformes dans l’agriculture, réduction du
monopole du Grand Rabbinat sur la cacherout)
• Il a renforcé la coopération régionale issue des Accords d’Abraham.
• Il a lancé une offensive coordonnée contre le crime organisé, contribuant à une baisse
significative de la criminalité dans la société arabe israélienne.
Principales critiques par leurs adversaires
• Les électeurs de droite reprochent à Bennett sa participation à une coalition comprenant
un parti arabe.
• Les électeurs de gauche reprochent à Bennett son opposition à la création d’un État
palestinien et son soutien historique au mouvement des implantations.
• L’incapacité de Lapid à réunir Avoda et Meretz sur une liste commune avant les élections
de 2022 est souvent citée comme un exemple de faiblesse de leadership.
• Le style politique de Lapid et ses déclarations publiques sont parfois jugés superficiels ou
excessivement centrés sur la communication.
• Les divergences idéologiques entre Bennett et Lapid sont importantes ; leur alliance
repose davantage sur des objectifs politiques communs que sur une vision commune de
l’avenir d’Israël.
• Certains opposants considèrent que leur gouvernement n’a exercé le pouvoir que pendant
une période trop courte pour démontrer sa capacité à gouverner.
YASHAR
Chef du parti : Gadi Eisenkot
Priorités
• Sécurité nationale comme priorité absolue.
• Réduction des fractures “tribales” au sein de la société israélienne.
• Renforcement des institutions et réforme par consensus.
• Extension du service militaire aux ultra-orthodoxes et réduction des exemptions
• Mise en place d’une commission d’enquête d’Etat sur les défaillances ayant conduit aux
massacres du 7 octobre.
Atouts
• Ancien chef d’état-major de Tsahal (2015-2019), avec une longue expérience des
questions de sécurité nationale, c’est une figure respectée dans les milieux sécuritaires.
• Il privilégie la planification à long terme et la sécurité d’Israel à toute autre considération.
• Son expérience personnelle du coût humain de la guerre (il y a perdu son fils et deux de
ses neveux) renforce sa crédibilité lorsqu’il s’exprime sur les questions de sécurité et de
responsabilité politique.
• Il a rejoint le gouvernement d’urgence après le 7 octobre avant de le quitter en raison de
désaccords stratégiques avec Netanyahou.
• D’origine marocaine, issu de la périphérie israélienne et attaché à l’identité juive
traditionnelle, il est peu associé aux querelles partisanes et bénéficie d’une image capable
de dépasser d’importants clivages sociaux et politiques.
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• Bien qu’il n’ai créé que très recemment son parti Yashar, Eisenkot a connu une
progression électorale remarquablement rapide, une percée souvent attribuée à sa
réputation de sérieux, à son attachement au projet sioniste et à l’image d’un dirigeant
guidé davantage par l’intérêt national que par l’ambition personnelle.
•
Illustration marquante
• Comme chef d’état-major, il a lancé le plan pluriannuel « Gideon », l’une des réformes les
plus importantes de Tsahal des 10 dernières années, qui a fortement contribué à
moderniser l’armée.
Principales critiques par ses adversaires
• Son profil est fortement centré sur les questions de sécurité, avec moins de positions
détaillées sur les enjeux civils et économiques.
• Il est relativement nouveau dans le paysage politique et son expérience est principalement
fondée sur son parcours militaire.
YISRAEL BEITEINU
Chef du parti : Avigdor Liberman
Priorités
• Service militaire universel, incluant les ultra-orthodoxes, et développement du service
civil pour les citoyens arabes, avec réduction des exemptions
• Réduction de l’influence politique des partis haredim dans les coalitions
gouvernementales, les décisions budgétaires et certains aspects de la vie publique régis
par les autorités religieuses.
• Ligne sécuritaire très ferme, privilégiant la dissuasion et l’usage de la force, avec une
critique des guerres prolongées sans stratégie de sortie claire, notamment à Gaza.
• Réformes économiques favorisant la concurrence, la réduction des monopoles et des
privilèges sectoriels, le plein emploi et la baisse du coût de la vie.
Atouts
• Liberman a une très grande expérience gouvernementale, notamment comme ministre des
Affaires étrangères, de la Défense et des Finances.
• Il s’est montré constant dans ses priorités depuis de nombreuses années. Il a aussi
démontré sa capacité à participer à des coalitions très diverses tout en maintenant
fermement ses positions de principe.
• Bien qu’issu de l’électorat russophone, il ne défend pas un agenda sectoriel et cherche à
s’adresser à l’ensemble de la société israélienne.
• Il a conduit plusieurs réformes économiques visant à accroître la concurrence et la
participation au marché du travail lorsqu’il était ministre des Finances.
Illustration marquante
• En 2018, Liberman a démissionné de son poste de ministre de la Défense en accusant le
gouvernement de Netanyahou de laisser le Hamas se renforcer et de mettre en danger la
sécurité d’Israël.
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Principales critiques par ses adversaires
• Son refus répété de compromis avec les partis haredim a parfois contribué à prolonger les
blocages politiques.
• Ses positions sécuritaires très dures sont critiquées par ceux qui estiment qu’elles laissent
peu de place aux solutions diplomatiques.
• Liberman a fait l’objet de plusieurs enquêtes judiciaires, mais les poursuites les plus
importantes ont été abandonnées et il a été acquitté lors de son unique procès.
HATZIONOUT HADATIT
Chef du parti : Bezalel Smotrich
Fonction actuelle : ministre des Finances et ministre adjoint de la Défense
Priorités
• Opposition à la création d’un État palestinien.
• Réduction du pouvoir des institutions non élues, notamment judiciaires.
• Développement des implantations.
• Renforcement du rôle de la religion dans la vie publique et les institutions de l’État.
Atouts
• Il a su tirer parti du système de coalitions israélien pour exercer une influence politique
importante malgré un poids électoral limité.
• L’efficacité de son action comme ministre des Transports dans un gouvernement
précédent, notamment sur plusieurs projets d’infrastructures est généralement reconnue, y
compris par certains de ses adversaires politiques.
• Il est resté fidèle à ses principales positions idéologiques malgré les changements de
coalition et de contexte politique.
Illustration marquante
• Bien qu’il soit ministre des Finances, il a obtenu en 2023 des pouvoirs étendus sur
l’administration civile en Judée-Samarie, qui relevait jusqu’alors du ministère de la
Défense, un transfert sans précédent dans l’histoire israélienne.
Principales critiques par ses adversaires
• Certaines de ses déclarations ont gravement nui à l’image d’Israël à l’étranger et ont été
utilisées par les détracteurs d’Israël pour alimenter les accusations de crimes de guerre.
• Son soutien à la réforme judiciaire de 2023 est une menace pour les contre-pouvoirs
démocratiques et ses attaques personnelles contre l’autorité judiciaire ont contribué à la
polarisation de la société israélienne.
• Ses positions sur les Palestiniens et les territoires conduiraient à accorder des droits
différents aux populations juives et palestiniennes vivant sous contrôle israélien, ce qui
est incompatible avec les principes démocratiques.
OTZMA YEHUDIT
Chef du parti : Itamar Ben Gvir
Fonction actuelle : ministre de la Sécurité Nationale
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Priorités
• Opposition à la création d’un État palestinien.
• Renforcement de la présence juive dans les zones contestées, notamment à Jérusalem-Est
et en Judée-Samarie.
• Assouplissement des conditions d’obtention et de port d’armes pour les citoyens
israéliens.
• Renforcement des pouvoirs de la police et contrôle accru du ministère de la Sécurité
nationale sur son action.
• Introduction de la peine de mort pour les terroristes condamnés.
Atouts
• Contrairement aux autres personalités couvertes ici, il est difficile d’identifier des
réalisations gouvernementales importantes qui soient reconnues au-delà de son propre
camp.
Illustration marquante
• Il a fait de la dégradation des conditions de détention des prisonniers condamnés pour
terrorisme l’une des premières mesures symboliques de son passage au gouvernement.
Principales critiques par ses adversaires
• Les meurtres et la criminalité organisée au sein de la société arabe israélienne ont atteint
des niveaux record pendant son mandat, malgré ses responsabilités directes en matière de
sécurité intérieure.
• Il outrepasse régulièrement les pouvoirs que la loi confère au ministre de la Sécurité
nationale en intervenant dans des décisions opérationnelles de la police.
• Il s’est publiquement félicité d’avoir contribué à bloquer certains accords concernant les
otages.
• Ses prises de position sur les Arabes israéliens et les Palestiniens sont racistes et
incompatibles avec les principes démocratiques. En outre, il a minimisé ou encouragé
certaines violences commises par des colons extrémistes en Cisjordanie.
• Ses visites et déclarations concernant le Mont du Temple ont contribué à l’escalade des
tensions sécuritaires et religieuses.
• Son passé de militant kahaniste et ses condamnations pénales pour incitation à la haine et
soutien à une organisation terroriste continuent de susciter de fortes inquiétudes.
• Ses attaques personnelles répétées contre des juges, procureurs et responsables du
système judiciaire ont contribué à accroître les tensions entre le pouvoir politique et le
système judiciaire.
• Certaines de ses déclarations ont gravement nui à l’image d’Israël à l’étranger et ont été
utilisées par les détracteurs d’Israël pour alimenter les accusations de crimes de guerre.
SHAS ET YAHADOUT HATORAH
Chef du parti Shas : Aryeh Deri
Chef du parti Yahadout Hatorah : Yitzhak Goldknopf (Agoudat Israël) et Moshe Gafni
(Degel HaTorah)
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• Shas représente principalement les haredim séfarades. Son électorat est généralement
plus intégré au reste de la société israélienne et plus proche des électeurs traditionnels
(masortim) que Yahadout Hatorah.
• Les condamnations de Deri pour corruption et fraude fiscale l’empêchent aujourd’hui
d’exercer une fonction ministérielle, bien qu’il demeure le principal dirigeant de Shas.
• Yahadout HaTorah est une alliance électorale entre deux partis haredim ashkénazes :
Agoudat Israel, qui représente principalement les communautés hassidiques, et Degel
HaTorah, qui représente principalement les haredim non hassidiques (“lituaniens”). Bien
que des tensions régulières existent entre les deux mouvements, ils se présentent
ensemble depuis 1992 afin de maximiser leur représentation à la Knesset. Le parti est
plus centré sur les grandes yeshivot, l’autonomie communautaire et la préservation du
mode de vie haredi.
• Malgré ces différences, Shas et Yahadout HaTorah défendent des positions très proches
sur la plupart des grands enjeux politiques abordés dans ce guide. Leurs priorités, leurs
atouts et les critiques qui leur sont adressées sont donc présentés ensemble.
Priorités
• Maintien des exemptions militaires pour les étudiants des yeshivot.
• Défense des intérêts de la population ultra-orthodoxe dans les négociations budgétaires et
les coalitions gouvernementales.
• Préservation de l’autonomie des institutions religieuses et du système éducatif haredi.
• Protection du statut religieux dans la vie publique (shabbat, mariage, conversion,
cacherout).
Atouts
• Longue expérience gouvernementale et parlementaire.
• Forte capacité d’organisation et de mobilisation électorale.
Illustration marquante
• Les deux partis ont obtenu le maintien pendant des décennies des exemptions militaires
accordées aux étudiants des yeshivot, malgré les contestations répétées de la Cour
suprême et d’une grande partie de l’opinion publique.
Principales critiques par leurs adversaires
• Ils privilégient les intérêts de leur électorat même lorsque ceux-ci entrent en conflit avec
l’intérêt général ou les besoins de sécurité du pays.
• Le maintien des exemptions militaires est incompatible avec le principe d’égalité des
obligations civiques et militaires et conduit une partie de la population à bénéficier des
mêmes droits sans assumer les mêmes devoirs.
• Une partie importante du système éducatif haredi n’enseigne pas les matières
fondamentales, ce qui limite l’intégration professionnelle de ses élèves et accroît leur
dépendance économique.
• Leur opposition au mariage civil, aux transports publics le shabbat et à certaines réformes
de la conversion constitue une limitation des libertés individuelles.
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HADEMOCRATIM
Chef du parti : Yaïr Golan
Priorités
• Recherche d’une solution diplomatique au conflit israélo-palestinien à long terme pour
conserver une majorité juive en Israel.
• Défense des institutions démocratiques et opposition à la réforme judiciaire de 2023.
• Réduction de l’influence religieuse dans la vie publique.
• Renforcement des libertés individuelles et des droits civiques.
• Réduction des inégalités économiques et renforcement des services publics.
Atouts
• Golan est un ancien général de Tsahal et dispose d’une expérience sécuritaire importante.
• Il porte une ligne idéologique claire sur les questions démocratiques et institutionnelles.
• Il a réussi là où plusieurs de ses prédécesseurs avaient échoué en réunissant Avoda et
Meretz au sein d’une même formation politique. Il s’est imposé rapidement comme son
chef de file malgré son arrivée récente en politique.
• Il est l’une des voix les plus visibles et les plus actives de l’opposition.
Illustration marquante
• Malgré ses 64 ans, il s’est rendu de sa propre initiative dans la zone attaquée lors des
massacres du 7 octobre et a participé aux opérations de secours et d’évacuation de civils.
Principales critiques par ses adversaires
• Certaines de ses déclarations publiques très maladroites ont suscité des critiques y
compris dans son propre camp.
• Son expérience politique demeure limitée par rapport à celle de nombreux dirigeants
nationaux.
KACHOL LAVAN
Chef du parti : Benny Gantz
Priorités
• Maintien d’une politique de sécurité ferme fondée sur son expérience militaire.
• Réduction des divisions au sein de la société israélienne par la recherche de compromis
entre les différents camps politiques.
Atouts
• Il a été chef d’état-major de Tsahal et ministre de la Défense.
• Il a acquis une expérience gouvernementale importante dans des gouvernements de
sensibilités politiques différentes.
• Il a rejoint le gouvernement d’urgence après le 7 octobre malgré son appartenance à
l’opposition.
• Son style modéré et consensuel lui permet de dialoguer avec des acteurs politiques issus
de camps très différents.
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Illustration marquante
• Fin 2020, alors qu’il devait devenir Premier ministre dans le cadre de l’accord de rotation
conclu avec Netanyahou, il a choisi de préserver la coalition malgré la violation de cet
accord par le Likoud, une décision qui a finalement conduit à sa rupture et à de nouvelles
élections
Principales critiques par ses adversaires
• De nombreux changements d’alliances et repositionnements successifs ont terni sa
crédibilité.
• Après avoir fait campagne sur sa promesse de ne pas rejoindre un gouvernement dirigé
par Netanyahou, il a finalement accepté d’y entrer en mars 2020 sans son associé Lapid,
ce qui a été perçu par beaucoup de ses électeurs comme une trahison.
• Malgré des sondages le plaçant régulièrement sous le seuil d’éligibilité, il refuse jusqu’à
présent de se retirer, au risque selon ses critiques d’affaiblir le bloc alternatif.
LES PARTIS ARABES
Les principaux partis arabes israéliens défendent des visions très différentes:
• de la participation politique,
• de la place de la minorité arabe dans l’État
• du conflit israélo-palestinien
RA’AM
Chef du parti : Mansour Abbas
Atouts
• Après le 7 octobre, Mansour Abbas a condamné sans ambiguïté les attaques du Hamas et
défendu la poursuite de la coopération politique entre citoyens juifs et arabes d’Israël. Il a
également participé à des initiatives de dialogue avec les familles des victimes.
• Il a rompu avec la tradition de nombreux partis arabes en se déclarant prêt à participer à
une coalition gouvernementale.
• Son approche pragmatique lui permet de dialoguer avec des partis de droite comme de
gauche.
• Il a contribué à faire des questions de criminalité et d’intégration économique des enjeux
nationaux.
• Il a obtenu des budgets importants destinés aux localités arabes dans le cadre du
gouvernement Bennett-Lapid.
Illustration marquante
• En 2021, Ra’am est devenu le premier parti arabe indépendant à participer à une coalition
gouvernementale israélienne.
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Principales critiques par ses adversaires
• Malgré la récente rupture de Ra’am avec le mouvement islamiste (sud et non le
mouvement islamique nord qui est radical et interdit en Israël), cette origine continue de
susciter la méfiance de certains électeurs juifs.
HADASH-TA’AL
Chef du parti : Hadash: Yousef Jabareen
Chef du parti : Ta’al: Ahmad Tibi
Priorités
• Retrait israélien des territoires de Judée-Samarie dans le cadre d’un accord négocié avec
les Palestiniens.
• Égalité complète entre citoyens juifs et arabes.
• Renforcement des services publics et réduction des inégalités sociales.
• Défense des droits des citoyens arabes israéliens.
• Opposition à la définition d’Israël comme État privilégiant une identité nationale au
détriment d’une autre.
Atouts
• Hadash-Ta’al associe élus arabes et juifs au sein d’un même cadre politique.
• Le parti défend ses positions de manière constante depuis de nombreuses années, y
compris lorsqu’elles sont impopulaires.
Illustration marquante
• En 2015, la création de la Liste unifiée a permis aux principaux partis arabes d’obtenir
leur plus forte représentation parlementaire de l’histoire israélienne (15 sièges).
Principales critiques par leurs adversaires
• Le parti refuse de reconnaître Israël comme l’État-nation du peuple juif et défend la
transformation d’Israël en un “État de tous ses citoyens”.
• Certains de ses dirigeants ont refusé de qualifier certaines attaques palestiniennes de
terrorisme ou ont établi des équivalences jugées inacceptables par la majorité des
Israëliens.
• Plusieurs de ses dirigeants ont rencontré ou soutenu des personnalités palestiniennes
hostiles à Israël, alimentant les accusations de manque de loyauté envers l’État.
HA MASA CHELANOU: Nouveau parti politique dans l’esprit du Rivon
Le mouvement citoyen Rivon HaRevii a décidé lors d un processus démocratique son entrée officielle dans le système politique par la création d un parti politique ayant pour objectifs la mise en place d’un gouvernement sioniste inclusif et la promotion de réformes du système juridique, éducatif et de la gouvernance.
Les dirigeants du mouvement cherchent à transformer ce programme en une force d’influence directe au sein du système politique.
Ce processus démocratique, auquel ont participé des milliers de sympathisants et de militants à travers le pays, a permis d’obtenir la juxtaposition d’un parti politique inspiré de l’esprit du Rivon au mouvement citoyen existant. Cette annonce a été faite devant un millier de militants clés de l’organisation, réunis au parc des expositions de Tel-Aviv.
Les deux forces (parti politique et mouvement citoyen) seront des forces indépendantes mais continueront à promouvoir les idéaux fondamentaux que le Mouvement Citoyen porte depuis toujours.
Cette décision d’entrer en politique repose sur le constat que la situation actuelle du pays exige une transformation structurelle immédiate du paysage politique israélien.Le système politique actuel est bloqué depuis quelques années par une division en deux camps et par la présence constante de forces non sionistes au sein des gouvernements. Cette situation a conduit une grande partie de la population israélienne à percevoir la polarisation sociale et politique comme une fatalité et à se résigner à une politique qui refuse toute alliance sioniste large . Ceci engendre un système incapable d’offrir des solutions et un avenir à ses citoyens.
Ce nouveau parti politique vise à séduire un électorat en quête d’une politique différente, qui donne à toutes les composantes de la société le sentiment d’appartenir à la sphère décisionnelle, parti qui se soucie de la sécurité et qui favorise la stabilité, contrairement aux politiques identitaires actuelles qui privilégient la division.
Cette indépendance entre parti politique et mouvement citoyen nécessite du point de vue légal que les dirigeants du mouvement citoyen désireux de se joindre au nouveau parti politique démissionnent de leurs fonctions au sein du Rivon Harevyi. Les militants pourront eux choisir de faire partie d’un ou des deux entités distinctes à leur choix.
Le Rivon francophone a acté cette décision et continuera à agir pour promouvoir auprès de la société les idées qui ont présidé à la création du mouvement citoyen, le Rivon Harevyi.


