A vous la parole : La guerre en Iran peut-elle permettre l’avènement d’une démocratie ?

La guerre américano-israélienne en Iran est-elle conforme au droit international ? Non.

Peut-on faire confiance à Donald Trump ? Non !

Benyamin Netanyahou est-il un idéaliste vertueux ? Non !

Les objectifs de la guerre apparaissent-ils clairement ? Pas vraiment.

Cette guerre peut-elle déboucher sur une transition démocratique ?

Les Européens en majorité n’y croient pas, les Américains non plus. Et pourtant cette question ne mérite pas d’être balayée en répétant sur un ton péremptoire : « On n’importe pas la démocratie avec des bombes. » L’argument est fort. Les exemples, récents, imparables : Afghanistan, Irak, Libye. Ils ne résument pas cependant toute l’histoire des libérations nationales. Il suffit d’aller visiter les cimetières américains sur les plages du Débarquement ou de déambuler à travers Le Havre où les bombardements alliés ont laissé peu de traces des anciennes constructions. La libération de la France ne se fit pas avec des fleurs et les victimes, que l’on n’appelait pas encore collatérales, se comptèrent par milliers.

Le droit international, les règlements pacifiques… Ces acquis formidables de la Vieille Europe, meurtrie par des siècles de guerre, ne fleurissent pas encore sur les terres arides du Moyen-Orient. L’espoir en revanche peut germer au fond de chaque être humain, tout en coexistant avec d’autres sentiments.

Les Israéliens sont nombreux à se méfier de leur Premier ministre- qui affirmait à tort en juin dernier avoir durablement frappé le programme nucléaire iranien. Mais ils continuent en majorité d’espérer que le renversement du régime des mollahs et des gardiens de la Révolution fera disparaitre la dernière menace étatique existentielle contre leur Etat, ce qui les conduira peut-être à aborder enfin, plus sereinement, la question palestinienne.

Et les Iraniens ? Ils serrent les dents, ils subissent la double peine d’une guerre – qui si elle ne vise pas les civils, aggrave leurs conditions de survie – et d’une répression d’autant plus féroce que le régime est aux abois.

Oui, les Iraniens, d’après les informations qui filtrent, nourrissent peu d’illusions à l’égard de Trump, qui les a laissé se faire massacrer en janvier, après leur avoir promis de l’aide.

Ils savent cependant les Israéliens, plus déterminés à faire tomber la République islamique dont la raison d’être depuis 47 ans est l’anéantissement d’Israël.

Angoissés, méfiants, désabusés, les Iraniens le sont. Mais ils n’ont pas le choix.

Ils regardent tomber une à une les têtes de leurs bourreaux, responsables depuis 47 ans de centaines de milliers de morts : Khamenei, le père, et le fils (peut-être), Ahmadinejad, Larijani et tant d’autres qui n’ont cessé de martyriser leur peuple au nom de Dieu et accessoirement pour protéger leurs investissements, en milliards de dollars, à l’étranger.

Après deux ans et demi de guerre, indirectement déclarée à Israël le 7 octobre 2023 par le Hamas et le Djihad islamique, l’empire formé par la République islamique est en lambeaux. Le Hamas et le Djihad islamique survivent à Gaza au milieu des ruines, le Hezbollah mène au Liban ce qui ressemble à son dernier combat, le terrible Bachar el-Assad est exilé à Moscou, les Houthis du Yémen et les milices pro-iraniennes en Irak subissent le contrecoup de l’affaiblissement général, et le lointain allié vénézuélien est désormais décapité.

La guerre actuelle pourrait s’achever par un compromis avec une faction du régime qui, en échange de concessions qu’on espère importantes, conservera le pouvoir. Pour combien de temps ?

Car alors, espérons-le, le peuple iranien, entrera en scène pour reprendre le fil quasiment ininterrompu depuis la révolution constitutionnelle en 1906 de sa quête de liberté, sans égale dans le monde musulman.

Quelles sont les forces en capacité de mener une transition démocratique ?
Reza Pahlavi est-il l’homme de la situation ?
Sinon, quels autres leaders ?
Quelles étapes possibles ?
Quels risques pour l’unité du pays ?
Ces questions, entre autres, seront au cœur de notre webinaire du samedi 4 avril 2026. La guerre peut-elle déboucher sur une transition démocratique ?

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Webinaire : La guerre en Iran peut-elle permettre l’avènement d’une démocratie ?

Samedi 4 avril | 19h00 à Paris | 20h00 à Jérusalem | Inscriptionhttps://www.eventbrite.fr/e/billets-la-guerre-en-iran-peut-elle-permettre-lavenement-dune-democratie-1985670148868?aff=substack

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Léa Landman

Géopolitologue et spécialiste du Moyen-Orient franco-israélienne. Ancienne directrice du programme Diplomacy 2030 à l’Abba Eban Institute, elle intervient régulièrement dans les médias et publie le podcast Zones d’Influences.

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Le désarmement du Hezbollah est à portée, mais pas avec la FINUL et la résolution 1701
La France peut-elle être le fer de lance du désarmement du Hezbollah ? (en anglais)

Amélie Chelly

Spécialiste de l’Iran et des islams idéologiques, professeur à l’IPJ Dauphine, chercheur à la Sorbonne Nouvelle. Dernier ouvrage paru : Paris, 13 novembre 2045, éditions du Cerf. Elle a participé entre autres au club Le Figaro international :

 

Bernard Guetta

Journaliste spécialiste de géopolitique, député européen au sein du groupe Renew depuis 2019. Président de l’Intergroupe pour la solution à deux États.

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